Travaux dans votre logement : ce que votre assurance habitation couvre vraiment

Engager des travaux de rénovation, c’est aussi ouvrir une période d’incertitude côté assurance. Les primes de multirisques habitation (MRH) ont bondi de 13 % en 2026, tirées par l’explosion des sinistres climatiques et la hausse des coûts de réparation dans le bâtiment. Autant dire qu’être mal couvert au moment d’un chantier peut coûter très cher.

Ce que couvre votre MRH… et ce qu’elle ne couvre pas pendant un chantier

Une multirisques habitation classique prend en charge l’incendie, les dégâts des eaux, le vol, le bris de glace, les catastrophes naturelles et la responsabilité civile. Mais un chantier crée des situations que la plupart des contrats ne prévoient pas spontanément. Pour comprendre exactement ce que prend en charge votre assurance habitation en contexte de travaux, il vaut mieux consulter les conditions générales de son contrat avant même l’ouverture du chantier.

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Premier point de friction : la clause d’inhabitation. Si le logement reste inoccupé plus de 30 à 90 jours consécutifs (la durée varie selon les assureurs), certaines garanties peuvent être suspendues ou réduites, notamment contre le vol, le vandalisme ou les dégâts des eaux non détectés rapidement. Signaler la situation à son assureur en amont évite de mauvaises surprises.

Second point souvent négligé : les dommages causés par les artisans pendant le chantier ne relèvent pas de votre MRH. C’est la responsabilité civile professionnelle de chaque intervenant qui doit jouer. Avant de signer un devis, vérifier que l’entreprise est bien couverte n’est pas une formalité superflue.

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L’assurance dommages-ouvrage : obligatoire, méconnue, incontournable

Pour tout chantier important (construction, extension, surélévation), la loi Spinetta de 1978 impose au maître d’ouvrage, c’est-à-dire au propriétaire, de souscrire une assurance dommages-ouvrage avant le démarrage des travaux. Elle permet d’obtenir remboursement ou réparation sans attendre un jugement, puis d’agir en recours contre les entreprises responsables. Sa durée de couverture est de dix ans, en lien avec la garantie décennale des artisans.

En pratique, la prime représente entre 1 % et 4 % du montant total TTC du chantier. En 2025, le coût moyen constaté pour une construction de maison individuelle s’établissait autour de 3 610 euros. Cette assurance reste largement sous-souscrite, alors qu’en son absence, une revente peut se compliquer sérieusement : l’acheteur ou son notaire peuvent exiger son absence comme motif de renégociation du prix, voire de refus de la transaction.

À noter : la dommages-ouvrage ne concerne pas les petits travaux comme la peinture ou le carrelage. Elle vise les ouvrages qui touchent à la structure du bâtiment ou à son étanchéité.

Un chantier bien préparé, c’est aussi une couverture bien ajustée. Prévenir son assureur, vérifier les attestations RC Pro des entreprises et, selon la nature des travaux, souscrire une dommages-ouvrage : ces étapes conditionnent la sécurité juridique et financière du projet. 

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