6,2 milliards d’euros. Voilà ce que les Français ont placé dans les SCPI en 2021. Cette manne n’a rien d’un hasard : la pierre-papier s’offre une place de choix dans la stratégie des épargnants en quête de stabilité et de rendement solide. Malgré une année bousculée par la crise sanitaire, le rendement moyen a tenu bon, dépassant encore les 6 %, quand d’autres placements perdaient pied. Des milliers d’investisseurs ont déjà sauté le pas, attirés par la promesse d’un revenu régulier et durable. Faut-il s’y intéresser en 2022 ? Voici ce que recèle vraiment l’investissement en SCPI.
Définition concrète de la SCPI
La Société Civile de Placement Immobilier, plus connue sous l’acronyme SCPI, est née dans les années 1970. Son principe : collecter des fonds auprès de particuliers pour acquérir et gérer des immeubles à usage professionnel. Ces investisseurs deviennent alors associés et reçoivent, au prorata de leurs parts, une fraction des loyers générés, une fois les frais de gestion déduits. L’idée ? Mutualiser l’investissement immobilier tout en déléguant intégralement la gestion.
Panorama des différents types de SCPI
Pour mieux s’y retrouver, il est utile de distinguer les trois grandes familles de SCPI existantes.
- SCPI fiscales : Elles s’adressent à ceux qui souhaitent alléger leur imposition. Investir dans ce type de SCPI permet de bénéficier d’une réduction fiscale, à condition de financer des travaux de rénovation ou de restauration. Les logements concernés sont ensuite loués pendant neuf ans, et les revenus perçus sont reversés aux porteurs de parts. À la fin de la période de location, le bien est vendu, et le produit de la vente est partagé selon la participation de chacun. L’entrée se fait généralement à partir de 10 000 euros, et la réduction fiscale atteint 18 % du montant investi.
- SCPI de rendement : Ces sociétés privilégient la distribution régulière de revenus. Les investisseurs reçoivent des compléments de revenus, souvent versés trimestriellement, et bénéficient d’une mutualisation du risque grâce à un portefeuille immobilier diversifié. Même lorsque la pandémie de Covid-19 a bousculé l’économie, le secteur immobilier détenu par les SCPI a globalement tenu le choc, illustrant la résilience de ce modèle.
- SCPI de plus-value : Ici, la priorité va à la constitution d’un patrimoine sur le long terme. Ces SCPI génèrent peu de revenus immédiats, mais visent la valorisation du capital investi. Elles attirent surtout les contribuables fortement imposés et ceux qui préfèrent miser sur la plus-value à terme plutôt que sur le revenu immédiat. La valeur des parts évolue au fil du temps, suivant les performances du portefeuille immobilier détenu.
Les atouts concrets des SCPI en 2022
Pourquoi cet engouement pour la pierre-papier ? Plusieurs arguments solides poussent les épargnants à miser sur les SCPI cette année.
Gestion intégralement déléguée
Investir en SCPI, c’est déléguer toute la gestion immobilière à une équipe professionnelle. Plus besoin de traquer les loyers impayés, de gérer les sinistres ou de s’occuper des litiges avec les locataires : la société de gestion s’occupe de tout, de la collecte des loyers à la gestion des éventuels impayés et procédures. Cette tranquillité séduit ceux qui veulent profiter des avantages de l’immobilier sans ses contraintes.
Des revenus qui suivent l’inflation
La capacité des SCPI à indexer les loyers sur l’inflation leur permet d’ajuster les revenus distribués, et ce, plus efficacement que la plupart des propriétaires en direct. Résultat : le pouvoir d’achat des associés est mieux préservé, même lorsque les prix grimpent.
Risques partagés, sérénité renforcée
Posséder un seul appartement peut se révéler risqué : un locataire défaillant, et c’est tout le rendement qui s’évapore. Avec les SCPI, les risques sont dilués sur plusieurs dizaines, voire centaines de biens, répartis dans différents secteurs géographiques et économiques. Cette mutualisation protège l’investisseur individuel des aléas d’un locataire ou d’une vacance locative isolée.
Accès facilité à l’immobilier
Devenir propriétaire d’un bien en direct suppose souvent un apport conséquent, hors de portée pour la plupart des ménages. Les SCPI, elles, acceptent des tickets d’entrée de quelques milliers d’euros seulement. Ce seuil d’accessibilité ouvre les portes de l’immobilier à un public large, qui peut ainsi diversifier son patrimoine sans mobiliser un capital trop élevé.
Souplesse et modularité de l’investissement
En achetant des parts de SCPI, chacun décide du montant à investir, selon ses capacités et ses objectifs. Inutile de s’endetter lourdement : il est possible d’ajuster progressivement son exposition au marché immobilier, en renforçant ou allégeant sa position à sa convenance. Cette modularité permet d’adapter son investissement à l’évolution de ses projets ou de sa situation financière.
En 2022, la SCPI ne se contente plus d’être une alternative à l’immobilier traditionnel. Elle s’impose comme une réponse concrète à la quête de rendement, de flexibilité et de sécurité. Sur le marché de la pierre-papier, le ticket d’entrée s’est considérablement abaissé, mais les ambitions, elles, n’ont jamais été aussi hautes. Reste à savoir, pour chaque investisseur, s’il est prêt à miser sur la solidité du collectif plutôt que sur l’illusion du contrôle individuel.


