Plafond LMNP : détermination et montant maximum en 2025

53 000 euros. C’est le revenu locatif moyen annuel généré par les locations meublées non professionnelles dans les grandes villes françaises en 2023. Ce chiffre, en hausse constante, en dit long sur la pression fiscale qui s’abat sur les bailleurs et sur la surveillance accrue des seuils par l’administration. Le curseur du plafond LMNP n’est plus un simple repère comptable : il devient un véritable marqueur de stratégie patrimoniale.

Statut LMNP en 2025 : ce qui change pour les investisseurs

Le statut LMNP continue d’attirer de nombreux propriétaires qui cherchent à conjuguer revenus complémentaires et optimisation fiscale. Mais en 2025, difficile d’ignorer les nouvelles règles. Entre la loi de finances 2025 et la loi Le Meur, le cadre se resserre : plafonds, abattements, critères de professionnalisation, tout est passé au crible. La location meublée non professionnelle ne perd pas son intérêt, à condition de rester vigilant sur le niveau de ses recettes locatives.

Le basculement du LMNP vers le LMP (Loueur en Meublé Professionnel) ne se décide plus : il est automatique si deux conditions sont réunies :

  • des revenus locatifs dépassant 23 000 €
  • des recettes supérieures à la somme des autres revenus d’activité du foyer fiscal

Ce double seuil, toujours en vigueur, impose une surveillance permanente, surtout pour ceux qui cumulent plusieurs biens ou maximisent leurs revenus locatifs.

Le vrai bouleversement de 2025 concerne le régime micro-BIC pour la location meublée de tourisme. Un meublé non classé voit son plafond micro-BIC chuter à 15 000 €, tandis que les logements classés ou les chambres d’hôtes conservent un plafond de 77 700 €. L’abattement forfaitaire n’est plus le même : 30 % pour les non classés, 50 % pour les classés. Tout investisseur doit donc recalculer la rentabilité de son projet : le régime fiscal du loueur meublé n’a jamais autant évolué.

La loi Le Meur apporte aussi plus de marge de manœuvre aux communes et syndics, désormais mieux armés pour contrôler et encadrer la location meublée professionnelle. Pour qui souhaite bâtir une stratégie patrimoniale solide, impossible de faire l’impasse : surveiller ses seuils, anticiper les changements de régime, ajuster sa gestion, voilà le nouveau quotidien du bailleur averti.

Quels sont les nouveaux plafonds LMNP à connaître pour 2025 et 2026 ?

En 2025, le plafond LMNP connaît un tournant majeur, principalement sous l’effet de la loi Le Meur. Jusqu’alors, le régime micro-BIC restait accessible pour la majorité : 77 700 € de recettes locatives annuelles. Ce n’est plus le cas pour les meublés de tourisme non classés, dont le plafond s’effondre à 15 000 € dès le 1er janvier 2025. Cette mesure vise clairement à limiter la location courte durée non encadrée.

Les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, eux, conservent le plafond micro-BIC à 77 700 €. Cette différence encourage les propriétaires à engager des démarches de classement, avec à la clé une fiscalité plus douce.

Voici les plafonds et abattements qui s’appliquent à compter de 2025 :

  • Meublé de tourisme non classé : plafond micro-BIC à 15 000 €, abattement forfaitaire de 30 %.
  • Meublé de tourisme classé ou chambre d’hôtes : plafond à 77 700 €, abattement forfaitaire de 50 %.

Le micro-BIC devient donc moins avantageux pour les locations non classées, tandis que la location longue durée ou le meublé classé préservent un cadre fiscal plus favorable. Ce changement oblige les bailleurs à revoir leur gestion des recettes, à arbitrer entre micro-BIC et régime réel, parfois à changer d’orientation pour protéger leur rentabilité.

Comprendre l’impact des plafonds sur votre fiscalité et vos obligations

L’abaissement du plafond LMNP modifie l’équilibre fiscal des loueurs en meublé. Quand les recettes dépassent le seuil du micro-BIC, le passage au régime réel devient obligatoire. Ce régime implique de déclarer toutes les charges réelles et d’appliquer l’amortissement, ce qui change radicalement la base imposable. À partir du 15 février 2025, la loi Le Meur impose la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value de cession. Autrement dit : plus vous amortissez, plus la plus-value imposée à la revente sera élevée.

Côté social, la barre des 23 000 € de recettes locatives demeure décisive. Au-delà, la location meublée non professionnelle bascule dans le champ des cotisations sociales, avec un taux qui peut approcher 40 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent quant à eux inévitables sur les revenus fonciers.

Les bailleurs doivent aussi composer avec de nouvelles obligations administratives. Désormais, la CFE (cotisation foncière des entreprises) est due dès la première année d’activité. La déclaration CVAE ne concerne que les chiffres d’affaires supérieurs à 152 500 €, mais la prudence reste de mise. Dès 2025, chaque nouvelle mise en location de meublé de tourisme doit être accompagnée d’un DPE à jour. Quant aux démarches de déclaration LMNP, elles requièrent une gestion rigoureuse : formulaire 2042-C-PRO, 2031-SD, et pour les plus gros chiffres d’affaires, 1330-CVAE-SD. À noter : les déficits créés sous le régime réel s’imputent sur les futurs revenus LMNP sans limitation de niches fiscales, ce qui laisse de la marge pour optimiser sa fiscalité sur la durée.

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Anticiper et optimiser sa stratégie LMNP face aux évolutions réglementaires

Avec ce nouveau cadre fiscal, chaque investisseur doit réévaluer sa stratégie LMNP. L’arbitrage entre micro-BIC et régime réel devient central. Dès lors que vos charges réelles dépassent 50 % des recettes, le régime réel s’impose. Il permet d’amortir le bien, de déduire les intérêts d’emprunt et toutes les charges liées à la gestion, ce qui peut fortement réduire la base taxable. A contrario, le micro-BIC reste intéressant pour ceux qui ont peu de charges ou un bien facile à entretenir.

La déclaration LMNP exige méthode et anticipation. Le choix du régime entraîne des démarches différentes : micro-BIC via le formulaire 2042-C-PRO, réel avec la 2031-SD. Si votre chiffre d’affaires dépasse 152 500 €, il faudra aussi envoyer une 1330-CVAE-SD, même si la CVAE n’est plus due depuis 2024. Les obligations déclaratives, elles, persistent.

Pour sécuriser l’ensemble, beaucoup de bailleurs font appel à un expert-comptable ou à un organisme de gestion agréé (OGA). La gestion des déficits LMNP devient alors un vrai levier d’optimisation : ces déficits s’imputent sur les bénéfices LMNP des dix années suivantes, sans plafond sur les niches fiscales. Une aubaine pour lisser la fiscalité et absorber l’impact des nouveaux plafonds dictés par la loi Le Meur.

Le visage de la location meublée change. La gestion des seuils, hier simple formalité, devient aujourd’hui un exercice de haute précision. Rester attentif, s’entourer des bons conseils, et ajuster sa stratégie, voilà la clé pour ne pas subir la nouvelle donne fiscale. L’investissement locatif ne se joue plus à l’instinct, mais à la décimale près. La prochaine vague de réformes, elle, se prépare déjà en coulisses.

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